François-Henri Désérable a remporté ce mardi 3 novembre le prix Renaudot 2026 pour Le Palais (Gallimard), annoncé au restaurant Drouant à Paris, juste après le Goncourt. Le romancier de 39 ans signe ainsi le palmarès du centenaire de ce prix créé en 1926, avec un roman d’aventures consacré au vin.
Ce qu’il faut savoir
Le jury, présidé par Frédéric Beigbeder, a tranché par six voix contre quatre en faveur de Désérable, face à David Djaïz et son roman La Méthode (Stock), selon ActuaLitté et l’Agence ivoirienne de presse. Quatre autres titres figuraient dans la dernière sélection : Stay Free de Patrice Jean (Le Cherche Midi), Un corps indocile d’Osvalde Lewat (Philippe Rey), Eugénie sous les bombes d’Anne Percin (Buchet-Chastel) et Heures sauvages de Marie Petitcuénot (Héloïse d’Ormesson).
Le Palais, paru le 20 août, suit Arun Kumar, un enfant venu d’un bidonville de Delhi et adopté par une famille de Beaune, en Bourgogne. Dans le restaurant familial, il se découvre un palais hors norme. Ce don l’emmène des vignobles bourguignons jusqu’aux États-Unis, là où la frontière entre génie et imposture devient très mince. Selon La Libre Belgique, l’idée est née en juillet 2020, lors d’une balade à vélo dans les vignes de la Côte de Beaune, et s’inspire en partie de l’affaire Rudy Kurniawan, célèbre faussaire de grands crus.
Le Renaudot a aussi distingué deux essais ex aequo, Dictionnaire amoureux du bonheur de Jean-Paul Enthoven (Plon) et L’Odyssée de l’Odyssée de Christophe Ono-dit-Biot (Grasset), ainsi que Complètement à l’Est ! de Jean-Christophe Buisson (Perrin) pour le Renaudot poche, d’après Livres Hebdo.
Le contexte
Né à Amiens en 1987, ancien hockeyeur sur glace passé par des études de droit, François-Henri Désérable s’est fait connaître avec Tu montreras ma tête au peuple (2013), des récits sur les derniers instants de figures de la Révolution. Il enchaîne avec Évariste (2015), consacré au mathématicien Évariste Galois, puis Un certain M. Piekielny (2017), enquête littéraire autour de Romain Gary déjà sélectionnée pour le Goncourt et le Renaudot.
En 2021, Mon maître et mon vainqueur, inspiré de l’histoire entre Verlaine et Rimbaud, lui vaut le Grand Prix du roman de l’Académie française. Il s’est ensuite tourné vers le récit de voyage avec L’Usure d’un monde (2023), une traversée de l’Iran, et Chagrin d’un chant inachevé (2025), sur les traces de Che Guevara.
Pour ce nouveau livre, il a suivi une formation en œnologie et sillonné les régions viticoles. « Je ne connais pas de roman ayant le vin pour sujet principal », a-t-il expliqué à La Libre, où il évoque aussi l’humour comme « une pente naturelle, ma manière d’écrire », dans le sillage de Romain Gary et d’Albert Cohen.
Comme d’autres jurys cette saison, le Renaudot a dû gérer le cas du roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, retiré de la course fin octobre après des soupçons d’usage de l’intelligence artificielle et de plagiat, selon ActuaLitté. Contrairement au Goncourt et à son chèque symbolique, le Renaudot n’est assorti d’aucune dotation.
Et maintenant ?
Désérable succède à Adélaïde de Clermont-Tonnerre, lauréate 2025 avec Je voulais vivre (Grasset), dont les ventes ont dépassé 222 000 exemplaires selon son éditeur. Un chiffre qui donne une idée de l’élan commercial qu’offre ce prix.
Le Renaudot partage l’affiche avec le Goncourt 2026, attribué à Philippe Jaenada pour L’Inconnue du quai de Javel, au lendemain du prix Médicis remis à Philippe Vasset. Les deux romans primés ce mardi, l’un plongé dans un fait divers d’après-guerre, l’autre dans le monde du vin, devraient s’installer en tête des ventes dans les semaines à venir.
Sources
- ActuaLitté – Prix Renaudot 2026 : François-Henri Désérable couronné
- La Libre Belgique – Prix Renaudot 2026 : François-Henri Désérable lauréat
- Livres Hebdo – François-Henri Désérable, lauréat du prix Renaudot 2026
- AIP – Philippe Jaenada décroche le Goncourt, François-Henri Désérable le Renaudot
