Le cinéaste italien Tinto Brass, réalisateur de « Caligula » et figure majeure du cinéma érotique européen, est mort à Rome à l’âge de 93 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle mercredi 4 novembre 2026 à l’agence italienne Ansa.
Ce qu’il faut savoir
Selon AlloCiné, ce sont son épouse, Caterina Varzi, et ses enfants, Bonifacio et Beatrice Brass, qui ont fait part du décès. La cause de la mort n’a pas été communiquée. Né à Milan le 26 mars 1933, le réalisateur vivait depuis plusieurs années à Isola Farnese, aux portes de Rome, et sa santé fragile l’avait empêché de se rendre à la Mostra de Venise en septembre 2025, rappelle Euronews.
Interrogée par l’agence Adnkronos, Caterina Varzi, qu’il avait épousée en 2017 et qui veillait sur ses archives, a évoqué « un moment difficile, de profonde tristesse et de regret », selon les propos rapportés par Euronews.
Le contexte : de Rossellini à « Caligula »
Avant de devenir le « prince de l’érotisme italien », Tinto Brass a suivi un parcours plutôt classique. Diplômé en droit, il part à Paris à la fin des années 1950 et travaille à la Cinémathèque française, où il découvre le montage. Il devient ensuite assistant de grands noms : Roberto Rossellini sur « Le Général della Rovere », Alberto Cavalcanti ou encore les frères Taviani.
Son premier long-métrage, « Chi lavora è perduto » (« Qui travaille est perdu »), sort en 1963 et se heurte à la censure. Suivent des films très variés : la comédie de science-fiction « La Soucoupe volante » avec Alberto Sordi et Monica Vitti, le western psychédélique « Yankee » (1966), le polar « En cinquième vitesse » avec Jean-Louis Trintignant, ou encore « Nerosubianco » (1969), regard pop et critique sur la société italienne.
Le tournant arrive au milieu des années 1970 avec « Salon Kitty », qui met en scène une maison close transformée en lieu d’espionnage nazi. Le cinéaste s’oriente dès lors vers l’érotisme, un genre qu’il ne quittera plus.
Son film le plus célèbre reste pourtant celui qu’il a renié. « Caligula » (1979), péplum à gros budget porté par Malcolm McDowell, a connu une production chaotique et des batailles judiciaires. Les versions sorties en salles ont été remontées par le producteur, au point que Brass a désavoué le film. L’œuvre a même été saisie pour obscénité en Italie, rappelle Euronews.
Une filmographie qui a marqué les années 1980
Dans les années 1980 et 1990, Tinto Brass enchaîne les succès populaires en Italie : « La Clé » (1983) avec Stefania Sandrelli, « Miranda » (1985) avec Serena Grandi, « Capriccio » avec Francesca Dellera, puis « Paprika » et « Così fan tutte ». Il adapte aussi Alberto Moravia avec « L’uomo che guarda ». Son dernier long-métrage, « Monamour », date de 2005.
Provocateur assumé, il a aussi joué dans certains de ses films et collaboré avec le magazine Penthouse.Il a même publié un petit ouvrage au titre volontairement provocant, « Elogio del culo ». À 90 ans, il avait exprimé le souhait que ses cendres soient dispersées dans la lagune de Venise, selon Euronews.
Et maintenant ?
Ces dernières années, son œuvre faisait l’objet d’une redécouverte. La Mostra de Venise avait ainsi programmé en 2025 une version restaurée en 4K de « Col cuore in gola », un de ses films des années 1960. Le réalisateur, absent, avait fait lire un message par son épouse sur le Lido. En Italie, il avait également reçu le prix Pietro Bianchi, décerné par le syndicat national des journalistes de cinéma. Il laisse derrière lui plus de quarante ans de carrière derrière la caméra, de 1963 à 2005.
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Sources
- AlloCiné – Mort de Tinto Brass
- Euronews – Tinto Brass dies in Rome aged 93
- Deadline – Tinto Brass Dead
