Réalisateur de La Haine à 27 ans, Nino Quincampoix dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, puis espion tourmenté du Bureau des légendes : Mathieu Kassovitz occupe depuis trente ans une place à part dans le cinéma français. Cinéaste, acteur et voix qui ne mâche jamais ses mots, il revient au centre de l’actualité en novembre 2026 après un vif échange en direct sur RMC.
| Nom | Mathieu Kassovitz |
|---|---|
| Date de naissance | 3 août 1967 |
| Âge | 59 ans |
| Lieu de naissance | Paris, France |
| Métiers | Réalisateur, scénariste, acteur, producteur |
| Parents | Peter Kassovitz (réalisateur) et Chantal Rémy (monteuse) |
| Film le plus célèbre | La Haine (1995) |
| Récompenses majeures | Prix de la mise en scène à Cannes (1995), César du meilleur film, César du meilleur espoir masculin |
| Enfants | Trois |
Biographie et jeunesse
Mathieu Kassovitz naît le 3 août 1967 à Paris, dans une famille où le cinéma se pratique au quotidien. Son père, Peter Kassovitz, est réalisateur et producteur ; il a quitté la Hongrie au moment de la révolution de 1956. Sa mère, Chantal Rémy, est monteuse. Côté hongrois, la fibre artistique remonte plus loin encore : son grand-père, Félix Kassowitz, était dessinateur.
Le petit Mathieu grandit donc entre les plateaux et les tables de montage. Il apparaît très tôt devant la caméra de son père, dans Au bout du bout du banc (1979), puis dans L’Année prochaine si tout va bien (1981). Mais c’est derrière l’objectif qu’il veut s’imposer. Au début des années 1990, il enchaîne les courts métrages : Fierrot le Pou (1990), Cauchemar blanc (1991) et Assassins… (1992). Ces films lui servent de laboratoire et posent déjà les thèmes qui feront sa réputation : la violence, la ville, le racisme et le regard sur la jeunesse.
Carrière
1993-1995 : de Métisse au choc de La Haine
Son premier long métrage, Métisse (1993), raconte un triangle amoureux à Paris. Il y donne la réplique à Julie Mauduech et Hubert Koundé. La même année, Jacques Audiard lui confie un rôle dans Regarde les hommes tomber, qui lui vaut le César du meilleur espoir masculin.
Puis vient La Haine. Tourné en noir et blanc dans la cité de La Noé, à Chanteloup-les-Vignes, le film suit pendant vingt-quatre heures trois amis de banlieue, Vinz, Saïd et Hubert, au lendemain d’émeutes. Vincent Cassel, Saïd Taghmaoui et Hubert Koundé y trouvent des rôles qui vont marquer une génération. Présenté au Festival de Cannes 1995, le film repart avec le prix de la mise en scène. Kassovitz n’a alors que 27 ans.
Le succès dépasse vite le cadre du cinéma. La Haine obtient le César du meilleur film et celui du meilleur montage, et devient une référence citée dans les débats sur les banlieues. Sa réplique « Jusqu’ici tout va bien » entre dans le langage courant. Pour mieux comprendre la carrière de l’un de ses interprètes principaux, on peut lire notre biographie de Vincent Cassel.
1997-2003 : Assassin(s), Les Rivières pourpres et Hollywood
Après un tel coup d’éclat, l’attente est immense. Assassin(s) (1997), avec Michel Serrault, divise fortement et se fait huer à Cannes. Kassovitz rebondit trois ans plus tard avec Les Rivières pourpres (2000), un polar adapté de Jean-Christophe Grangé et porté par Jean Reno et Vincent Cassel. Le film devient un grand succès populaire.
Ce succès lui ouvre les portes de Hollywood. En 2003, il réalise Gothika, un thriller fantastique avec Halle Berry et Penélope Cruz. Selon les chiffres rapportés, le film rapporte plus de trois fois son budget d’environ 40 millions de dollars.
L’acteur : d’Amélie Poulain à Spielberg
En parallèle, l’acteur ne cesse de travailler. Il retrouve Jacques Audiard pour Un héros très discret (1996), puis devient en 2001 Nino Quincampoix, le collectionneur de photos d’identité dont tombe amoureuse Audrey Tautou dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. C’est encore aujourd’hui son rôle le plus connu à l’étranger. Le film réunit aussi Jamel Debbouze, alors en pleine ascension.
Suivent Amen. de Costa-Gavras (2002), un rôle dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), puis Munich de Steven Spielberg (2005). On le retrouve plus tard chez Steven Soderbergh (Piégée, 2012), chez Michael Haneke (Happy End, 2017) ou dans le sous-marin du Chant du loup (2019).
2008-2011 : Babylon A.D. et L’Ordre et la Morale
En 2008, Babylon A.D., adaptation d’un roman de Maurice G. Dantec avec Vin Diesel, est un échec critique et commercial. Le tournage et la post-production difficiles laissent des traces, et le réalisateur s’en montre publiquement déçu. Il revient en 2011 avec un projet beaucoup plus personnel, L’Ordre et la Morale, sur la prise d’otages d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie en 1988. Il y joue lui-même le capitaine du GIGN Philippe Legorjus. Le film est nommé aux César.
2015-2020 : Malotru, le rôle d’une décennie
La télévision lui offre une seconde jeunesse. Dans Le Bureau des légendes, la série d’espionnage créée par Éric Rochant pour Canal+, il incarne Guillaume Debailly, alias « Malotru », un agent de la DGSE revenu de six ans de mission clandestine en Syrie. Diffusée de 2015 à 2020, la série est saluée en France comme à l’étranger, et le personnage, à la fois brillant et instable, devient emblématique.
Il prête aussi sa voix à la série documentaire Apocalypse et incarne Napoléon dans l’adaptation de Guerre et Paix produite par la BBC (2016).
2023-2025 : épreuve et retour sur scène
Le 3 septembre 2023, Mathieu Kassovitz est grièvement blessé lors d’un stage de moto sur l’autodrome de Linas-Montlhéry. L’accident fait les gros titres. Il reprend ensuite la parole publiquement, sur les réseaux sociaux puis en interview, et revient progressivement au travail.
En 2024, il s’illustre dans la série Netflix Furies et rejoint l’univers Star Wars dans Skeleton Crew sur Disney+. Mais son grand projet de l’époque, c’est la scène. Le 10 octobre 2024, La Haine – Jusqu’ici rien n’a changé est créée à La Seine Musicale, près de Paris. Il cosigne ce spectacle avec Serge Denoncourt et Farid Benlagha. Le spectacle mêle hip-hop, danse et décors projetés en 3D inspirés de Chanteloup-les-Vignes, sous la direction musicale de Proof. Il part ensuite en tournée dans plusieurs grandes villes, dont Lyon, Marseille et Lille. Kassovitz y joue même un petit rôle et ajoute un personnage féminin absent du film, Leila.
Au cinéma, on le voit en 2025 dans The Way of the Wind de Terrence Malick. Il développe aussi The Big War, une adaptation hybride, en animation et en prises de vues réelles, de la bande dessinée La bête est morte ! d’Edmond-François Calvo.
Actualité 2026
En 2026, Mathieu Kassovitz continue de s’intéresser aux nouvelles technologies. Invité au festival WAIFF consacré à l’intelligence artificielle aux côtés de Claude Lelouch, il voit dans ces outils un moyen de concrétiser des projets « restés vingt ans dans ses tiroirs », rapporte Mediakwest.
Il revient surtout dans l’actualité le 5 novembre 2026. Invité des « Grandes Gueules » sur RMC, il reproche aux médias un discours de plus en plus orienté à droite, puis accuse le chroniqueur Charles Consigny de laisser passer des propos racistes. L’avocat conteste vivement, quitte le plateau puis revient quelques minutes plus tard. Aucune procédure n’avait été annoncée à la suite de cet échange. Nous avons raconté la séquence en détail dans notre article Kassovitz accuse Consigny, clash en direct sur RMC.
Cette séquence correspond bien au personnage. Depuis ses débuts, Kassovitz assume des prises de position tranchées sur la police, les médias et la politique, et elles lui valent régulièrement des polémiques.
Vie privée
Mathieu Kassovitz a été marié à l’actrice Julie Mauduech, qu’il a dirigée dans Métisse et avec qui il a eu une fille. Il a ensuite eu deux enfants avec la mannequin Aurore Lagache. Il a lui-même évoqué en interview ses deux séparations et ses trois enfants. Il reste discret sur sa vie sentimentale actuelle, qu’il n’a pas rendue publique.
En dehors des plateaux, il aime les sensations fortes. Il est passionné de moto, et il est même monté sur un ring lors d’un gala de boxe à Deauville.
Fortune / salaire
La fortune de Mathieu Kassovitz n’est pas communiquée publiquement. Ses revenus proviennent de ses cachets d’acteur, de ses films en tant que réalisateur et producteur, ainsi que de ses projets de spectacle. Les montants qui circulent sur certains sites ne reposent sur aucune source officielle. Nous ne les reprenons donc pas.
FAQ
Quel âge a Mathieu Kassovitz ?
Né le 3 août 1967 à Paris, il a 59 ans en novembre 2026.
Qui sont les parents de Mathieu Kassovitz ?
Son père est le réalisateur Peter Kassovitz, d’origine hongroise, et sa mère la monteuse Chantal Rémy.
Quel prix a reçu La Haine ?
Le film a reçu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1995, puis les César du meilleur film et du meilleur montage.
Quel rôle joue-t-il dans Le Bureau des légendes ?
Il incarne Guillaume Debailly, surnommé « Malotru », agent clandestin de la DGSE, de 2015 à 2020.
Combien d’enfants a Mathieu Kassovitz ?
Il est père de trois enfants, nés de deux relations différentes.
Que s’est-il passé entre Kassovitz et Charles Consigny ?
Le 5 novembre 2026, sur RMC, il a accusé le chroniqueur de tolérer des propos racistes. Charles Consigny a quitté le plateau avant d’y revenir.
Sources
- Wikipédia – Mathieu Kassovitz
- Wikipedia (EN) – Mathieu Kassovitz
- Brut – Trente ans après le film, « La Haine » déboule en comédie musicale
- L’Éclaireur Fnac – La Haine : que vaut la comédie musicale ?
- La Libre – L’acteur Mathieu Kassovitz a fait un accident de moto
- Purepeople – Mathieu Kassovitz, son expérience du couple
- Mediakwest – WAIFF 2026 : le regard de Lelouch et Kassovitz sur l’IA
